Une Parole … Une Prière
TEMPS ORDINAIRE – 6ÈME DIMANCHE
…JE NE SUIS PAS VENU ABOLIR MAIS ACCOMPLIR…

« En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir. Amen, je vous le dis : Avant que le ciel et la terre disparaissent, pas un seul iota, pas un seul trait ne disparaîtra de la Loi jusqu’à ce que tout se réalise. Donc, celui qui rejettera un seul de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire ainsi, sera déclaré le plus petit dans le royaume des Cieux. Mais celui qui les observera et les enseignera, celui-là sera déclaré grand dans le royaume des Cieux. Je vous le dis en effet : Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux.
Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens : Tu ne commettras pas de meurtre, et si quelqu’un commet un meurtre, il devra passer en jugement. Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui se met en colère contre son frère devra passer en jugement. Si quelqu’un insulte son frère, il devra passer devant le tribunal. Si quelqu’un le traite de fou, il sera passible de la géhenne de feu. Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande, là, devant l’autel, va d’abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande. Mets-toi vite d’accord avec ton adversaire pendant que tu es en chemin avec lui, pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge, le juge au garde, et qu’on ne te jette en prison. Amen, je te le dis : tu n’en sortiras pas avant d’avoir payé jusqu’au dernier sou. Vous avez appris qu’il a été dit : Tu ne commettras pas d’adultère. Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui regarde une femme avec convoitise a déjà commis l’adultère avec elle dans son cœur. Si ton œil droit entraîne ta chute, arrache-le et jette-le loin de toi, car mieux vaut pour toi perdre un de tes membres que d’avoir ton corps tout entier jeté dans la géhenne. Et si ta main droite entraîne ta chute, coupe-la et jette-la loin de toi, car mieux vaut pour toi perdre un de tes membres que d’avoir ton corps tout entier qui s’en aille dans la géhenne. Il a été dit également : Si quelqu’un renvoie sa femme, qu’il lui donne un acte de répudiation. Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui renvoie sa femme, sauf en cas d’union illégitime, la pousse à l’adultère ; et si quelqu’un épouse une femme renvoyée, il est adultère.
Vous avez encore appris qu’il a été dit aux anciens : Tu ne manqueras pas à tes serments, mais tu t’acquitteras de tes serments envers le Seigneur. Eh bien ! moi, je vous dis de ne pas jurer du tout, ni par le ciel, car c’est le trône de Dieu, ni par la terre, car elle est son marchepied, ni par Jérusalem, car elle est la Ville du grand Roi. Et ne jure pas non plus sur ta tête, parce que tu ne peux pas rendre un seul de tes cheveux blanc ou noir. Que votre parole soit ‘oui’, si c’est ‘oui’,
‘non’, si c’est ‘non’. Ce qui est en plus vient du Mauvais . »
Évangile de Jésus Christ selon Saint Matthieu 5, 17-37
Illustration : Via Vitae (« Chemin de Vie »), chef d'œuvre de l'orfèvre et joailler parisien Joseph Chaumet (1852-1928)
représentant les principales scènes de la vie de Jésus,
Musée eucharistique du Hiéron, Paray-le-Monial, Saône-et-Loire, France
Détail : Le Sermon sur la montagne – Voir notre rubrique Arts visuels)
Méditation du Pape Léon XIV
PAPE LÉON XIV 
Audience générale - Catéchèses
Salle Paul VI, Rome - 28 janvier 2026

LE CONCILE VATICAN II À TRAVERS SES DOCUMENTS (II)
I. LA CONSTITUTION DOGMATIQUE DEI VERBUM
3. UN SEUL DÉPÔT SACRÉ.
LA RELATION ENTRE ÉCRITURE ET TRADITION.
Chers
frères et sœurs, bonjour, et bienvenue !
En poursuivant la lecture de la
Constitution conciliaire Dei
Verbum sur la Révélation divine,
nous réfléchissons aujourd'hui sur le lien entre l'Écriture Sainte et la
Tradition. Nous pouvons prendre comme toile de fond deux scènes évangéliques.
Dans la première, qui se déroule au Cénacle, Jésus, dans son grand discours-testament
adressé à ses disciples, affirme : « Je vous ai dit ces choses pendant que je
suis encore avec vous. Mais le Paraclet, l'Esprit Saint que le Père enverra en
mon nom, vous enseignera tout et vous rappellera tout ce que je vous ai dit.
[…] Quand il viendra, l'Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité tout
entière » (Jn 14, 25-26 ; 16, 13).
La deuxième scène nous conduit, quant à
elle, sur les collines de Galilée. Jésus ressuscité se montre à ses disciples,
qui sont surpris et dubitatifs, et leur donne une mission : « Allez, faites de
toutes les nations des disciples, […] leur enseignant à observer tout ce que je
vous ai prescrit » (Mt 28, 19-20). Dans ces deux scènes, le lien étroit entre
la parole prononcée par le Christ et sa diffusion au cours des siècles est
évident.
C'est ce qu'affirme le Concile Vatican
II en recourant à une image évocatrice : « La sainte Tradition et la Sainte
Écriture sont donc reliées et communiquent étroitement entre elles. Car toutes
deux, jaillissant de la même source divine, ne forment pour ainsi dire qu’un
tout et tendent à une même fin » (Dei Verbum, 9). La Tradition ecclésiale se
ramifie tout au long de l'histoire à travers l'Église qui garde, interprète et
incarne la Parole de Dieu. Catéchisme de l'Église Catholique (cf. n° 113)
renvoie à cet égard à une devise des Pères de l'Église : « La Sainte Écriture
est écrite dans le cœur de l'Église avant d'être écrite sur des supports
matériels », c'est-à-dire dans le texte sacré.
Dans le sillage des paroles du Christ
que nous avons citées plus haut, le Concile affirme que « la Tradition
d'origine apostolique progresse dans l'Église avec l'aide du Saint-Esprit »
(DV, 8). Cela se produit grâce à la pleine compréhension par « la réflexion et
l'étude des croyants », à travers l'expérience qui naît d'une « intelligence
plus profonde des choses spirituelles » et, surtout, grâce à la prédication des
successeurs des apôtres qui ont reçu « un charisme certain de vérité ». En
résumé, « l'Église, dans sa doctrine, sa vie et son culte, perpétue et transmet
à toutes les générations tout ce qu'elle croit » (ibid.).
À ce propos, célèbre est l'expression de
saint Grégoire le Grand : « La Sainte Écriture grandit avec ceux qui la lisent
» [1]. Et saint Augustin avait déjà affirmé qu'« il n'y a qu'un seul discours
de Dieu qui se développe dans toute l'Écriture et qu'il n'y a qu'un seul Verbe
qui résonne dans la bouche de tant de saints » [2]. La Parole de Dieu n'est
donc pas figée, mais elle est une réalité vivante et organique qui se développe
et croit au sein de la Tradition. Grâce à l'Esprit Saint, celle-ci la comprend dans
toute la richesse de sa vérité et l'incarne dans les coordonnées changeantes de
l'histoire.
À cet égard, ce que proposait le saint
docteur de l'Église John Henry Newman dans son ouvrage intitulé Le
développement de la doctrine chrétienne est suggestif. Il affirmait que le
christianisme, tant comme expérience communautaire que comme doctrine, est une
réalité dynamique, comme l'a indiqué Jésus lui-même dans les paraboles de la
graine (cf. Mc 4, 26-29) : une réalité vivante qui se développe grâce à une
force vitale intérieure. [3]
L'apôtre Paul exhorte à plusieurs
reprises son disciple et collaborateur
Timothée : « O Timothée, garde le dépôt
qui t'a été confié » (1Tm 6, 20 ; cf. 2 Tm 1, 12.14). La constitution
dogmatique Dei Verbum fait écho à ce texte paulinien lorsqu'elle dit : « La
sainte Tradition et la Sainte Écriture constituent un unique dépôt sacré de la
Parole de Dieu, confié à l’Église », interprété par le « Magistère vivant de
l’Église dont l’autorité s’exerce au nom de Jésus Christ » (n° 10). Le terme «
dépôt » est, dans son sens originel, de nature juridique et impose au
dépositaire le devoir de conserver le contenu, qui dans ce cas est la foi, et
de le transmettre intact.
Le « dépôt » de la Parole de Dieu est
encore aujourd'hui entre les mains de l'Église et nous tous, dans les
différents ministères ecclésiaux, devons continuer à le préserver dans son
intégrité, comme une étoile polaire pour notre cheminement dans la complexité
de l'histoire et de l'existence.
En conclusion, très chers amis, écoutons
encore la Dei Verbum, qui exalte l'interdépendance entre la Sainte Écriture et
la Tradition : elles sont - affirme-t-il - si étroitement liées et unies entre
elles qu'elles ne peuvent subsister indépendamment l'une de l'autre, et
ensemble, selon leur propre manière, sous l'action d'un seul Esprit Saint,
elles contribuent efficacement au salut des âmes (cf. n° 10).
[1]
Homélie sur
Ezéchiel I, VII, 8 : PL 76, 843D.
[2]
Commentaires
sur les Psaumes 103, IV, 1
[3]
Cfr. J.H.
Newman, Lo sviluppo della dottrina cristiana, Milano 2003, p. 104.
Pape Léon XIV
Prier avec le Pape
INTENTION DE PRIÈRE DU PAPE - FÉVRIER 2026
« Pour les enfants
atteints de maladies incurables»
Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Amen.

“ Seigneur Jésus,
Toi qui accueillais les petits dans tes bras
et les bénissais avec tendresse,
aujourd’hui, nous te présentons les enfants
atteints de maladies incurables.
Leurs corps fragiles sont signe de ta présence,
et leurs sourires, même au milieu de la douleur,
témoignent de ton Royaume.
Nous te prions, Seigneur, pour qu’ils ne manquent jamais
de soins médicaux appropriés,
d’une attention humaine et chaleureuse,
et du soutien d’une communauté qui accompagne
avec amour.
Soutiens leurs familles dans l’espérance,
au cœ ur de la fatigue et de l’incertitude,
et fais d’elles des témoins d’une foi
qui se fortifie dans l’épreuve.
Bénis les mains des médecins, infirmiers et soignants,
pour que leur travail soit toujours
une expression de compassion active
Que ton Esprit les éclaire dans chaque décision difficile
et leur accorde patience et tendresse
pour servir avec dignité.
Seigneur, apprends-nous à reconnaître ton visage
en chaque enfant qui souffre.
Que leur vulnérabilité réveille notre compassion
et nous pousse à prendre soin, à accompagner et à aimer
par des gestes concrets de solidarité.
Fais de nous une Église qui,
animée par les sentiments de ton Cœ ur
et portée par la prière et le service,
sache soutenir la fragilité
et, au milieu de la douleur, soit source de consolation,
semence d’espérance et annonce d’une vie nouvelle.
Amen.


Chers frères et sœurs !
Le Carême est le temps où l’Église, avec une sollicitude maternelle, nous invite à remettre le mystère de Dieu au centre de notre vie, afin que notre foi retrouve son élan et que notre cœur ne se disperse pas entre les inquiétudes et les distractions quotidiennes.
Tout cheminement de conversion commence lorsque nous nous laissons rejoindre par la Parole et que nous l’accueillons avec docilité d’esprit. Il existe donc un lien entre le don de la Parole de Dieu, l’espace d’hospitalité que nous lui offrons et la transformation qu’elle opère. C’est pourquoi le cheminement du Carême devient une occasion propice pour prêter l’oreille à la voix du Seigneur et renouveler la décision de suivre le Christ, en parcourant avec Lui le chemin qui monte à Jérusalem où s’accomplit le mystère de sa passion, de sa mort et de sa résurrection.
Écouter
Cette année, je voudrais attirer l’attention, en premier lieu, sur l’importance de laisser place à la Parole à travers l’écoute, car la disposition à écouter est le premier signe par lequel se manifeste le désir d’entrer en relation avec l’autre.
Dieu Lui-même, se révélant à Moïse depuis le buisson ardent, montre que l’écoute est un trait distinctif de son être : « J’ai vu la misère de mon peuple qui est en Égypte, et j’ai entendu ses cris » (Ex 3, 7). L’écoute du cri de l’opprimé est le début d’une histoire de libération dans laquelle le Seigneur implique également Moïse, en l’envoyant ouvrir une voie de salut à ses enfants réduits en esclavage.
Un Dieu engageant nous rejoint aujourd’hui aussi avec des pensées qui font vibrer son cœur. Pour cela, l’écoute de la Parole dans la liturgie nous éduque à une écoute plus authentique de la réalité : parmi les nombreuses voix qui traversent notre vie personnelle et sociale, les Saintes Écritures nous rendent capables de reconnaître celle qui s’élève de la souffrance et de l’injustice, afin qu’elle ne reste pas sans réponse. Entrer dans cette disposition intérieure de réceptivité c’est se laisser instruire aujourd’hui par Dieu à écouter comme Lui, jusqu’à reconnaître que « la condition des pauvres est un cri qui, dans l’histoire de l’humanité, interpelle constamment notre vie, nos sociétés, nos systèmes politiques et économiques et, enfin et surtout, l’Église ». [1]
Jeûner
Si le Carême est un temps d’écoute, le jeûne constitue une pratique concrète qui dispose à l’accueil de la Parole de Dieu. L’abstinence de nourriture est, en effet, un exercice ascétique très ancien et irremplaçable dans le chemin de conversion. Précisément parce qu’il implique le corps, il rend plus évident ce dont nous avons “faim” et ce que nous considérons comme essentiel à notre subsistance. Il sert donc à discerner et à ordonner les “appétits”, à maintenir vigilant la faim et la soif de justice en les soustrayant à la résignation, en les éduquant pour qu’ils deviennent prière et responsabilité envers le prochain.
Saint Augustin, avec finesse spirituelle, laisse entrevoir la tension entre le temps présent et l’accomplissement futur qui traverse cette garde du cœur, lorsqu’il observe que : « Au cours de la vie terrestre, il appartient aux hommes d’avoir faim et soif de justice, mais en être rassasiés appartient à l’autre vie. Les anges se rassasient de ce pain, de cette nourriture. Les hommes, en revanche, en ont faim, ils sont tous tendus vers le désir de celui-ci. Cette tension dans le désir dilate l’âme, augmente sa capacité ». [2] Le jeûne, compris dans ce sens, nous permet non seulement de discipliner le désir, de le purifier et de le rendre plus libre, mais aussi de l’élargir de manière à ce qu’il se tourne vers Dieu et s’oriente à accomplir le bien.
Cependant, pour que le jeûne conserve sa vérité évangélique et échappe à la tentation d’enorgueillir le cœur, il doit toujours être vécu dans la foi et l’humilité. Cela exige de rester enraciné dans la communion avec le Seigneur parce que « personne ne jeûne vraiment s’il ne sait pas se nourrir de la Parole de Dieu ». [3] En tant que signe visible de notre engagement intérieur à nous soustraire, avec le soutien de la grâce, au péché et au mal, le jeûne doit également inclure d’autres formes de privation visant à nous faire acquérir un mode de vie plus sobre, car « c’est l’austérité seule qui rend authentique et forte notre vie chrétienne ». [4]
Je voudrais donc vous inviter à une forme d’abstention très concrète et souvent peu appréciée, celle des paroles qui heurtent et blessent le prochain. Commençons par désarmer le langage en renonçant aux mots tranchants, aux jugements hâtifs, à médire de qui est absent et ne peut se défendre, aux calomnies. Efforçons-nous plutôt d’apprendre à mesurer nos paroles et à cultiver la gentillesse : au sein de la famille, entre amis, dans les lieux de travail, sur les réseaux sociaux, dans les débats politiques, dans les moyens de communication, dans les communautés chrétiennes. Alors, nombre de paroles de haine laisseront place à des paroles d’espoir et de paix.
Ensemble
Enfin, le Carême met en évidence la dimension communautaire de l’écoute de la Parole et de la pratique du jeûne. L’Écriture souligne également cet aspect de nombreuses façons. Par exemple, lorsqu’elle raconte, dans le livre de Néhémie, que le peuple se rassembla pour écouter la lecture publique du livre de la Loi et, pratiquant le jeûne, se disposa à la confession de foi et à l’adoration afin de renouveler l’alliance avec Dieu (cf. Ne 9, 1-3).
De même, nos paroisses, les familles, les groupes ecclésiaux et les communautés religieuses sont appelés à accomplir pendant le Carême un cheminement commun dans lequel l’écoute de la Parole de Dieu, tout comme celle du cri des pauvres et de la terre, devienne une forme de vie commune et dans lequel le jeûne soutienne une authentique repentance. Dans cette perspective, la conversion concerne, outre la conscience de chacun, le style des relations, la qualité du dialogue, la capacité à se laisser interroger par la réalité et à reconnaître ce qui oriente véritablement le désir, tant dans nos communautés ecclésiales que dans l’humanité assoiffée de justice et de réconciliation.
Biens aimés, demandons la grâce d’un Carême qui rende notre oreille plus attentive à Dieu et aux plus démunis. Demandons la force d’un jeûne qui passe aussi par la langue, afin que diminuent les paroles qui blessent et que grandisse l’espace pour la voix de l’autre. Et faisons en sorte que nos communautés deviennent des lieux où le cri de ceux qui souffrent soit accueilli et où l’écoute engendre des chemins de libération, nous rendant plus prompts et plus diligents à contribuer à l’édification de la civilisation de l’amour.
Je vous bénis de tout cœur ainsi que votre cheminement de Carême.
Du Vatican, le 5 février 2026,
mémoire de sainte Agathe, vierge et martyre.
LÉON PP. XIV

______________________________________________
[1] Exhort. ap. Dilexi te (4 octobre 2025), 9.
[2] Saint Augustin, L’utilité du jeûne, 1, 1.
[3] Benoît XVI, Catéchèse (9 mars 2011).
[4] Saint Paul VI, Catéchèse (8 février 1978).
Parole de Mgr Frédéric Rossignol


Gouverner,
voilà bien un mot qui nous semble plus connoté d’éléments négatifs que
positifs. Il y a bien longtemps que tout ce qui est institutionnel est sujet à
caution. Et pourtant, nous sommes tous conscients que pour vivre en société, il
nous faut établir des objectifs, tracer des lignes de conduite, suivre des
règles, reflets de nos valeurs et convictions. Plus nous devenons adultes dans
la société, plus nous sommes appelés à prendre des responsabilités, pour tirer
les autres vers le haut. Les librairies regorgent d’ailleurs de livres qui nous
parlent du « bon management ». Le bon chef d’entreprise est celui qui allie
dynamisme et respect des subordonnés, et qui travaille sur trois axes : la
planification, la mise en œuvre, et l’évaluation. Son but est l’efficacité, le
rendement. Et c’est vrai qu’en terme d’efficacité, notre Église gagnerait
souvent à apprendre du monde de l’entreprise. Mais la comparaison a clairement
ses limites. On ne gouverne pas l’Église comme on gouverne une entreprise ou
une société.
Celui
qui gouverne dans l’Église n’est qu’un instrument de Dieu, un « serviteur
inutile ». Il a été appelé sans mérite de sa part, pour travailler à une
mission qui le dépasse. Il est bon de le rappeler, alors que nous voyons
parfois bien des gens s’attacher à leur responsabilité en Église et considèrent
comme une menace l’arrivée d’un nouveau venu. Qu’il est difficile de s’engager
corps et âme pour un service tout en étant capable d’en être détaché ! La
possessivité tue la créativité et la collégialité, alors que ces dernières nous
ouvrent au travail de l’Esprit.
Certes,
notre Église catholique romaine est très hiérarchisée. On nous dit souvent que
cette hiérarchie est le reliquat d’une théocratie qui n’a plus lieu d’être,
d’une structure de pouvoir où ceux qui la détiennent ne veulent pas lâcher
leurs privilèges. En réalité, la hiérarchie dans notre église est un formidable
outil pour assurer sa cohésion. Sans autorité, il n’y a pas d’orthodoxie (de
doctrines et de pratiques solidement établies au nom de la foi). Sans autorité,
chacun prie comme bon lui semble, agit comme bon lui semble, se construit sa
religion comme il l’entend. Or Dieu ne parle pas seulement à la conscience de
chacun, Il se révèle à un Peuple auquel Il donne ses lois. Il parle au travers
du magistère du pape, des évêques, des prêtres, des théologiens, des
catéchistes, des parents… Lorsqu’un couple a des enfants, c’est son rôle de
prendre des décisions pour leur bien en fonction de ce qui est essentiel pour
qu’ils s’épanouissent. Il le fait en se basant sur sa propre expérience, sur ce
qu’il a reçu de bien et ce qu’il veut éviter de mal pour sa progéniture. Il le
fait aussi en se basant sur l’expérience d’autres parents, des grands-parents,
des enseignants,… Quelle chance pour les chrétiens de notre Église d’avoir des
balises sûres, reçues dans la foi, qui orientent leur engagement de
chrétien.
Bien
sûr, ce trésor de l’autorité dans l’Église peut se transformer en un abus
d’autorité. Aussi, l’Église rappelle-t-elle à chacun (et d’autant plus à
l’évêque !) que l’autorité ne peut s’exercer de manière impulsive mais qu’elle
doit se faire dans l’humilité, l’écoute, le discernement et le respect de la
subsidiarité. Être un bon gouvernant, c’est savoir faire confiance aux autres,
les laisser prendre leurs responsabilités, et souvent accepter que leur manière
de faire ne correspond pas toujours à ce que l’on aurait attendu. Mais être en
autorité, c’est parfois aussi reprendre la main là où des dérives mettent en
péril la foi des chrétiens. C’est un exercice subtil. Parfois, on se tait par
lâcheté, pour éviter le conflit. Parfois, on en fait trop, et l’on brime la
créativité des personnes et donc le travail de l’Esprit Saint.
Un
bon évêque (un bon meneur d’hommes) essaie de s’adapter au rythme des
personnes, tout en les invitant à aller de l’avant. L’évêque bulldozer qui veut
tout réformer et tout de suite, prend des décisions qu’il peut regretter
ensuite. L’évêque attentiste qui, par peur de froisser les gens, n’ose jamais
les bousculer, ne leur rend pas non plus service. Patience et exigences doivent
se combiner intelligemment. Certains veulent enfermer l’évêque dans les cases «
Tradi » ou « Progressiste »… Il me semble que l’important n’est pas de se
demander si telle ou telle sensibilité serait préférable, mais de veiller à la
diversité dans notre Église et au respect des personnes, tout en gardant
l’unité. La diversité doit être possible et même encouragée, pour peu que les
groupes dans l’Église ne se définissent pas comme les seuls détenteurs de la
vérité, avec une volonté de s’isoler, de prendre distance des autres groupes
qu’ils considèrent comme trop mous ou trop radicaux…
Votre frère et pasteur,
+ Frédéric Rossignol
(Source : Eglise
de Tournai, Février 2026)

Un mot du Curé…

CARÊME & PÂQUES 2026MÉDITATIONS
(I & II)
I - L’entrée
en Carême
Une invitation au devoir d’espérance
Ce
devoir de l’espérance, il s’enracine dans notre foi en le Mystère de Pâques, un
mystère de vie… l’espérance en la vie qui renaît de toute cendre…
Notre foi est une foi en la Vie…
Notre espérance est une espérance en
l’avenir…
Il
ne suffit pas de le dire, il ne suffit pas de marteler des « Je crois », il
faut aussi le vivre… Et vivre cette foi
et cette espérance en la vie, c’est d’abord tout faire pour que la vie puisse
l’emporter sur toutes les forces de mort !…
N’est-ce pas cela, ce qui nous est demandé lorsque nous entrons en
Carême ?... Tout faire pour que la Vie pascale puisse éclore et se déployer
dans le cœur de tous ceux que nous rencontrons…
N’est-elle
pas là, la démarche de conversion qui nous est demandée chaque année ?… Oui !
Le Carême est à notre porte…
« Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle… »
Le
temps du Carême est de retour comme un printemps pour nos vies…
40
jours de cheminement spirituel dans les déserts de nos questions, de nos
recherches, de nos doutes parfois…
40
jours avec le Christ nous rejoignant et cheminant avec nous…
40
jours durant lesquels Il nous invite à le suivre, à l’écouter, à le vivre plus
ardemment… Lié à la préparation de la
Semaine
Sainte
et de la fête de Pâques, le Carême se présente ainsi et fondamentalement comme un temps de conversion ; du Mercredi
des Cendres à la Grande Veillée Pascale, cette « veille en l’honneur du
Seigneur » (Livre de l’Exode 12, 42),
le Carême peut être pour chacun de nous cette route de grâce qui nous
conduira
à la joie du Renouveau…
à la joie du Feu nouveau…
à la joie du Printemps de Pâques dans
nos vies…
la joie de la Résurrection…
+
Le Carême se fait aussi temps de
préparation au baptême pour les catéchumènes qui recevront les Sacrements
de l’Initiation chrétienne dans la Nuit de Pâques, et, pour tous les baptisés, un temps privilégié de retour à leur
baptême, notamment en vivant le beau Sacrement de la Réconciliation…
+
Le
Carême est encore un temps marqué des
trois invitations données par le Christ lors du Mercredi des Cendres : invitation à une prière plus intense,
au jeûne et au partage des biens (Evangile
selon saint Matthieu, 6, 1-18).
+
Et
puis, surtout, n’oublions pas : le Carême n’est pas un temps triste, mais un temps joyeux, tout baigné qu’il est
de la joie de Dieu qui voit (re)venir à lui ses enfants…
Le Carême comme un printemps dans nos
vies…
en attendant l’éclat du Soleil
levant au petit matin de Pâques…
Alors,
laissons-nous faire par Lui, ouvrons-nous à son œuvre en nous et faisons de ce
temps un temps propice à l’ouverture du cœur vers Dieu et vers les autres sur
le chemin de l’Espérance…
II – Le
Mercredi des Cendres
Faisons taire tous les « Tartuffe » qui sont en nous !
Le
Mercredi des Cendres, on s’évertue à rédiger et prononcer une longue homélie
souvent moralisatrice d’ailleurs… alors que la liturgie de ce jour, et
notamment les textes que nous réentendons chaque année, sont si éloquents… Le prophète Joël d’abord, avec toute l’emphase de
l’Ancien Testament, et pourtant ces mots si simples, cette prière toute simple
de notre Dieu :
« Revenez à moi de tout votre cœur… »
Pas
besoin de longues explications… La prière de notre Dieu, de notre Père : « Revenez à moi… »
Et
nous lui avons répondu en redisant ensemble quelques lignes du si beau Psaume 50 :
« Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu…
Rends-moi la joie d’être sauvé… »
Ensuite
est venu saint Paul avec son langage
plus intellectuel et pourtant Paul ne fait que répéter le même message :
« Laissez-vous réconcilier avec Dieu… »
et
cette conviction de Paul : l’être humain est toujours précédé par Dieu… C’est
notre Père qui nous appelle : « Revenez à
moi de tout votre cœur » et l’Eglise avec Paul, relance sans cesse
l’invitation : « Laissez-vous réconcilier
avec Dieu… »
Mais
comment faire ? Là, il faut entendre Celui qui seul sait, Celui qui seul aussi
a pleinement accompli la volonté du Père : Jésus
le Christ et son Évangile, sa Bonne Nouvelle… Pas de discours
intellectualisé pour Jésus, mais trois conseils bien concrets :
« Quand tu fais l’aumône…
Quand vous priez…
Quand vous jeûnez… »
On
ne peut être plus clair… Mais accomplir ces trois conseils concrets n’est pas
suffisant ! Il y a un préambule essentiel délivré par Jésus : ne pas agir ainsi
pour se faire remarquer des autres…
Souvenons-nous
du « Tartuffe » de Molière, cet
hypocrite et faux dévot qui, singeant une grande dévotion, ne souhaite qu’une
chose , manipuler ceux qui l’entourent afin d’en retirer profit. L’hypocrisie
n’a pas sa place dans l’Evangile et donc dans l’Eglise :
« Que votre oui soit oui, que votre non soit
non »,
nous
dit Jésus en ce dimanche… Faisons donc taire tous les « Tartuffe » en nous !
+
Voilà
! Pas besoin de longs discours : l’entrée en Carême en donne clairement tout le
programme : on entend souvent dire que la religion doit être accueillante,
ouverte à toute situation nouvelle, plus proche de la vie… Le Carême nous
demande pourtant de réaliser l’opération inverse:
que notre vie se rapproche des exigences de Jésus
annoncées dans son Évangile…
Et
nous voici au début du chemin…
…chemin de
cendres…
Chemin qui
conduit de la cendre à la lumière…
…du Mercredi
des Cendres au Dimanche de Pâques…
Tel est le chemin sur lequel nous nous
engageons aujourd’hui… si nous le voulons bien car Dieu nous laisse libres…
toujours… mais souvenons-nous du jésuite
Pierre Teilhard de Chardin quand il écrivait :
« Le plus grand sacrifice
que nous puissions faire,
la plus grande victoire
que nous puissions remporter
sur nous-mêmes,
c’est de surmonter l’inertie,
la tendance au moindre effort… »
(P. Teilhard de Chardin, Être plus).
(à
suivre)
Joyeux
carême à tous et bon dimanche !
Chanoine Patrick Willocq
Intentions de prière pour la semaine

+ Pour les médecins et tous les responsables de la santé… Pour
les chercheurs et pour tous les soignants… Pour tous ceux qui prient dans
l’espérance d’une guérison… Pour tous ceux qui n’ont plus d’espérance… Nous te
prions,
Seigneur…
+
Pour tous ceux dont l’avenir est brisé… Pour tous ceux qui les entourent… Pour
tous ceux qui tentent de reconstruire un avenir… Pour tous ceux qui les
encouragent… Nous te prions, Seigneur…
+
Pour tous ceux qui œuvrent à la paix dans le monde… Pour qu’ils ne se
découragent pas devant l’intolérance de certains… Pour tous ceux qui n’arrivent
pas à aimer… Pour tous ceux que nous craignons de rencontrer… Nous te prions,
Seigneur…
CONTACTS
M. le Chanoine Patrick Willocq, curéResponsable de l’Unité pastoraleCuré de tous les clochers de l’entité de LeuzeTour Saint-Pierre 157900 Leuze-en-Hainaut069/77.79.030479/62.66.20M. le Diacre Jean-Marie BourgeoisPastorale du Baptême des petits enfants – Pastorale scolaireGrand-Rue 567900 Leuze-en-Hainaut0470/100 340M. le Diacre Michel HubletMise à jour du site internetAvenue de la Croix-Rouge 447900 Leuze-en-HainautRèglement Général sur la Protection des Données – RGPD – 25 05 2018Responsable du traitement des données personnelles : Abbé Patrick Willocq,Curé - Adresse : voir plus hautDélégué à la protection des données :Secrétaire général de la Conférence épiscopale belge -Adresse : asbl Centre interdiocésain, rue Guimard 1, 1040 Bruxelles - Tél. : 02/507 05 93 -Mail : ce.belgica@interdio.beAutorité de contrôle : Rue de la Presse 35, 1000 Bruxelles - Tél. : 02/274 48 00 -Secrétariat décanalTour Saint-Pierre 15 – 7900 Leuze-en-Hainaut069/77.79.03Permanences : mardi et vendredi de 9h30 à 12h00En cas d’absence, s’adresser à M. le Doyen
Nous porterons dans notre prière ...
Baptêmes
- Le samedi 07 mars, à 14h30, en l’église de Thieulain, Paul-Antoine Vandekeere, enfant de Caroline Latour et Mathieu Vandekeere
- Le samedi 21 mars, à 14h30, en l’église de Leuze, Aitana Cunningham, enfant de Amandine Cantraine et Corentin Cunningham ;
Célian Her, enfant de Célimène De Temmerman et Anthony Her
- Le dimanche 22 mars, à 10h00, Louis Mary, enfant de Adeline Moreau et Quentin Mary
Que ces enfants découvrent combien notre Dieu les aime comme ses propres enfants.
Mariages
Le samedi 14 février, à 13h00, en l’église de Pipaix : Sophie De Wulf et Cédric Defer
-
Que tous nos vœux de bonheur et notre prière accompagnent les nouveaux époux !
Funérailles
- M. Robert Boisdenghien demeurait à Leuze.
La célébration des Funérailles a eu lieu en l’église de Leuze le 13 février
2026.
- M. Germain Liétard demeurait à Leuze. La célébration
des Funérailles a eu lieu en l’église
de Blicquy le 14 février 2026.
Aux proches, nous redisons toute notre sympathie dans la foi et l’espérance de l’Evangile.
Dans notre Unité pastorale…




Pour les familles… les jeunes… les enfants …
Dans notre Diocèse de Tournai…



Cette année, l’Appel décisif des
catéchumènes prend une résonance toute particulière. Nous rendons grâce à Dieu
pour le grand nombre de personnes — et tout spécialement de nombreux
adolescents — qui se sont mis en route dans 24 unités pastorales de notre
diocèse. À travers eux, c’est le Seigneur lui-même qui nous rappelle qu’Il est
vivant et à l’œuvre au cœur de notre monde.
La
célébration de l’Appel décisif et de l’inscription du nom démarre le temps de
la purification et de l’illumination qui coïncide normalement avec le temps du
Carême.
C’est
une nouvelle étape que le catéchumène, qui a progressé dans sa vie et dans sa
foi, va vivre (au moins une année après l’entrée en catéchuménat comme le
demande le Décret des Évêques de Belgique). L’Appel décisif, c’est l’appel par
l’Église, au nom du Seigneur, à recevoir les sacrements de l’initiation
chrétienne.
Cet
Appel décisif est avant tout un appel personnel : chacun est appelé par son
nom, signe de l’initiative gratuite et aimante de Dieu. C’est aussi un moment
profondément ecclésial : le peuple de Dieu se rassemble autour de son pasteur,
et la réponse de foi des catéchumènes est portée dans la prière par la
communauté.
Pour
nos communautés, cet appel est une invitation à redécouvrir que l’Appel de Dieu
est toujours actuel. Il rejoint chacun de nous et nous appelle à la conversion,
sur la route de Pâques.
Les
parrains et marraines exerceront pour la première fois publiquement et
officiellement leur rôle : ils rendront témoignage devant l’assemblée et
aideront à inscrire leur nom dans le registre diocésain.
Les
adolescents vivront l’Appel décisif le samedi 21 février à 15h, en l’église
Sainte-Waudru de Frameries.
Les
adultes seront appelés le dimanche 22 février à 15h, en la collégiale
Sainte-Waudru de Mons.
Les
appelés ont besoin de sentir que toute l’Église les accompagne. Venez nombreux
prier pour eux, les entourer de votre présence fraternelle et les soutenir dans
leur marche vers la joie de Pâques.
Nous
remercions déjà les équipes et communautés chrétiennes de Mons et Frameries
pour l’enthousiasme, l’accueil et l’engagement à la préparation de ces
célébrations.
L’équipe du Service du
catéchuménat












La prochaine session de formation
permanente aura lieu aux FUCaM les mardi 21 et mercredi 22 avril 2026. Le titre
en sera : « Tu n’auras pas d’autres dieux que moi ». Actualité et enjeu de
l’interdit biblique de l’idolâtrie.
L’interdit
de l’idolâtrie est central dans la Bible. Placé en tête du Décalogue, il est
répété et mis en scène dans la Torah, et il occupe une place importante dans la
littérature prophétique et de sagesse. Mais cet interdit de l’idolâtrie, si
central dans la Bible, n’apparaît-il pas aujourd’hui désuet ? A-t-il encore une
quelconque pertinence pour nous qui vivons dans une société sécularisée, pour
nous qui n’adorons plus ni les Baals ni les Ashéras ?
Pour
retrouver l’actualité et l’enjeu de l’interdit biblique de l’idolâtrie, il faut
sans doute, d’une part, en approfondir et en élargir la notion et, d’autre
part, nous interroger sur la réalité de fait de la sécularisation de nos
sociétés. En quoi consiste l’idolâtrie ? Quels en sont les ressorts ? Quels en
sont les effets ? Est-il si évident que l’idolâtrie soit définitivement révolue
? Se cantonne-t-elle au champ religieux ou se dissimule-t-elle aussi ailleurs ?
Ne
sommes-nous pas prompts, aujourd’hui encore, à idolâtrer un système économique,
un pouvoir politique ou la technique, et à en attendre le salut ? Le croyant ne
risque-t-il pas d’absolutiser indûment formules dogmatiques, préceptes moraux
ou règles liturgiques, ou de vénérer démesurément saints, papes ou prêtres ? Et
la confession chrétienne elle-même, qui voit en Jésus le Fils de Dieu,
respecte-t-elle l’interdit de l’idolâtrie ?
Sans
doute faut-il se méfier d’un certain usage de cet interdit qui, voulant
détruire chez l’autre l’idolâtrie, risque toujours de virer au fanatisme
violent. Mais cela ne doit pas nous empêcher d’en voir l’enjeu fondamental, qui
est d’extirper de chez nous les idoles de mort qui aliènent et de nous ouvrir
au Dieu de vie qui libère. Se pourrait-il que crépuscule des idoles et aurore
du vrai Dieu aient ainsi partie liée ?
Programme
Mardi
21 avril
•
9h
Accueil
•
9h30
Présentation de la session
•
9h45
Se faire esclave de soi : l’idolâtrie
selon le Décalogue et la Torah (André Wénin)
•
10h30
Temps de questions-réponses
•
10h45
Pause-café
•
11h15
La dénonciation de l’idolâtrie dans la
littérature prophétique et les écrits de sagesse (Anne-Marie Pelletier)
•
12h
Temps de questions-réponses
•
12h15
Temps de prière
•
12h30
Repas
•
14h
La portée de l’interdit de l’idolâtrie
dans le champ de l’économie (Étienne Raemdonck)
•
14h45
Temps de questions-réponses
•
15h
La portée de l’interdit de l’idolâtrie
dans le champ ecclésial (Christine Pedotti)
•
15h45
Temps de questions-réponses
•
16h
Temps d’appropriation
•
16h30
Fin de la première journée
Mercredi
22 avril
•
9h30
Rappel de la première journée
•
9h45
La confession de foi christologique face
à l’interdit de l’idolâtrie (Xavier Gué)
•
10h30
Temps de questions-réponses
•
10h45
Pause-café
•
11h15
La portée de l’interdit de l’idolâtrie
dans les champs de la politique et de la technique (Laurence Flachon)
•
12h
Temps de questions-réponses
•
12h15
Temps de prière
•
12h30
Repas
•
14h
Un regard critique sur l’usage de
l’interdit de l’idolâtrie (Luis Martinez Saavedra)
•
14h45
Temps de questions-réponses
•
15h Exposé conclusif : l’enjeu de l’interdit de
l’idolâtrie (Paul Scolas)
•
15h45
Temps de questions-réponses
•
16h
Mot d’envoi de Mgr Frédéric Rossignol
•
16h15
Fin de la session
Modalités
d’inscription
La
session aura lieu les mardi 21 et mercredi 22 avril 2026, à l’UCLMons FUCaM,
151 chaussée de Binche, 7000 Mons. Pour rappel, elle est réservée aux prêtres,
diacres, animateurs et animatrices pastoraux ainsi qu’aux membres bénévoles des
équipes d’animation pastorale. Le coût de la formation est de 45 € (cafés et
repas compris), à payer sur le compte BE51 1990 2380 1162/CREGBEBB. En plus du
paiement, et pour éviter toute erreur, n’oubliez pas de vous inscrire aussi en
renvoyant la feuille d’inscription annexée à Église de Tournai de février ou en envoyant un mail à
stanislas.deprez@evechetournai.be. Merci de faire cette démarche pour le vendredi 27 mars au plus tard.

Nous
espérons que les unités pastorales encourageront les membres des EAP à venir à
la formation, si possible en les aidant financièrement. Merci aux responsables
d’EAP de centraliser les inscriptions. Ceci nous facilitera grandement la
tâche.
Stanislas Deprez
Dans l’Église de Belgique…

Le musée dédié au Frère Mutien Marie est
de nouveau accessible aux visiteurs. Mgr Fabien Lejeusne a été parmi les
premiers à le visiter avant de le bénir. Un espace aujourd’hui lumineux, épuré
avec une scénographie repensée. La volonté ? Rendre le musée accessible aux
plus jeunes, aux familles. Mais pas uniquement !
Le
sanctuaire de Malonne, et c’est M. Robert Lerhot qui le précise « est un petit sanctuaire ». Lui fait
partie des 20 bénévoles qui, chaque jour, se relaient pour assurer une
présence, prendre note des intentions de prière reçues sur place mais aussi par
téléphone. Et poursuivre la mission qui, pendant des années, a été celle du
Frère Mutien Marie. Il a ainsi été l’intercesseur entre les demandes de
personnes dans le désarroi, la peine et le Seigneur.
Ce
sanctuaire est dédié au Frère Mutien Marie devenu saint le 10 décembre 1989. Un
espace en carré avec, en son centre, une pièce d’eau et ses poissons. Sans
oublier des plantes, des fleurs…Un véritable lieu de ressourcement. Autour de
ce bassin, une chapelle qui accueille la dépouille du saint Frère Mutien Marie
et où, chaque jour on prie, on célèbre l’eucharistie… Les murs ont été
remplacés par des parois de verre. Déjà là une priorité à la lumière. Un
magasin encore où les pèlerins peuvent acheter des bougies, des neuvaines, des
médailles… Un lieu de vente indispensable pour ce sanctuaire qui ne reçoit,
pour fonctionner, aucune aide extérieure.
Et
un musée
Et
puis, il y a le musée en place depuis une cinquantaine d’années. C’est dire si
sa rénovation était devenue indispensable voire incontournable. Une rénovation
confiée à des étudiants de l’école Saint-Luc de Tournai (école lassallienne
comme il en existe encore une centaine en Belgique) et qui a pris de longs
mois. C’est le Frère Nicolas Capelle, Frère visiteur auxiliaire secteur
Belgique du Sud qui s’est beaucoup investi dans le chantier.
Premier
changement pour ceux qui connaissent les lieux : on entre par ce qui était
auparavant la sortie. Autre changement, le Frère Mutien, Frère des Ecoles
Chrétiennes n’est plus seul dans le musée. On y retrouve, dans cette première
salle, saint Jean-Baptiste de La Salle, le fondateur de l’Institut des Frères
des Ecoles Chrétiennes et puis saint Berthuin, fondateur, lui, de l’abbaye de
Malonne. Sans oublier la Vierge Marie
que le religieux priait.
Juste
à côté, l’espace audio. Les murs peints en noir donnent l’impression de prendre
place dans une bulle à l’intérieur même du musée. Des films, du plus court au
plus long, sur la vie du frère qui était appelé par les élèves « le frère qui
prie tout le temps ». Les professeurs de religion, les catéchistes, les parents
en visite seront heureux d’apprendre que ces films peuvent être interrompus à
tout moment.
Idéal
pour compléter l’information, répondre aux questions…
Epurer
au maximum
L’aménagement
du musée n’est pas encore complètement terminé. M. Lerhot insiste sur la
prochaine réalisation : une ligne du temps où le Frère Mutien comme saint
Jean-Baptiste de La Salle ou encore saint
Berthuin
seront indiqués. Idéal pour les situer dans le temps mais aussi dans un
contexte géopolitique. Frère Mutien est ainsi décédé le 30 janvier 1917 en
pleine première guerre mondiale.
La
volonté était donc d’épurer les lieux. Des cloisons ont été supprimées. Et
c’est pleinement réussi. Les murs ont été repeints : du blanc et un beau vert
sauge ce qui apporte beaucoup de clarté. L’éclairage a lui aussi été repensé.
La chambre de Frère Mutien, là où il s’est éteint a été démontée avant d’être
remontée. A proximité des photos de son village de Mellet, de sa famille. Des
photos des membres de la communauté de l’époque. Les frères portent la soutane
noire avec un large rabat blanc. Peu doué pour l’enseignement d’autres matières
que le dessin et la musique, une rare photo du Frère Mutien le représente avec
ses élèves.
La
visite qui se fait, aujourd’hui, sur fond musical vous réservera encore
quelques belles surprises.
Les
mots d’explication qui accompagnent les différentes pièces présentées vont être
refaits. La police, trop petite, va être changée pour une lecture plus
confortable. Les textes seront aussi traduits en néerlandais et en anglais. Les
enfants recevront, tout prochainement, un questionnaire. Les réponses se
trouvent bien entendu dans le musée.
Vous
remarquerez encore au cours de votre visite une petite fleur bleue, une
pervenche. Elle était la fleur préférée du saint frère.
Christine Bolinne
Phtos : E.D.
et E.VB
(
: Cathobel) Dès 9h15 et jusqu’à 17h, vous pouvez
visiter ce musée en compagnie d’un bénévole. Pendant des années, le frère
Jacques a fait vivre ce lieu.
Il
a passé la main à d’autres très motivés mais aussi formés à l’exercice. Le
musée se trouve Fond de Malonne à Malonne. Tél : 081 44 51 67






L’Art qui conduit à la Transcendance





